Journal d'un assassin (Partie 3)

Publié le par Francisek

Vous avez raté la Partie 1 ou la Partie 2?

Cette journée de vendredi avait été bien monotone, je ne la vis pas passer. Toute la journée j'avais attendu le soir, et le soir venu mon impatience m'avait tellement rongé que je ne pris même pas le temps de me changer pour sortir chasser. L'hiver était bien là, le froid et l'humidité mordaient fort et je n'étais pas équipé pour affronter cela. Les rues étaient encore animées, les passants se pressaient en direction des échoppes chaleureuses. La nuit était presque là et je marchait dans le quartier populaire, tournant en rond, pour échauffer mon corps transi.
Sous un porche profond et sombre, un amas de couvertures tremblantes tentait de trouver le sommeil aux cotés d'un chien rapé et d'un litre de rouge sous plastique. Je laissais une barre chocolatée que j'avais emmenée pour combler un manque éventuel d'énergie et continuais mon chemin. Il faisait terriblement froid cette nuit là. Minuit venait de passer, la brûme du fleuve remplissait la rue et enveloppait mes os. Je vis un troquet derrière les vitres condensées duquel irradiait une chaleur lumineuse. J'entrais. C'était animé. Quatre joviaux compères s'alcoolisaient comme s'ils craignaient le gel. Je m'assis face à un grand café qui brûlait agréablement mon oesophage. J'étais complétement réchauffé quand le patron nous fit comprendre qu'il était temps de vider les lieux. Il était une heure passée. Je repris la rue, laissant les quatres barriques réticentes à affronter la froideur.
Le moment était venu pour moi de passer à l'acte. Je me dirigeais vers la partie la plus animée du quartier. Avec les fermetures des bars, les clients éméchés allaient transiter vers un autre lieu de débauche ou retrouver leur lit accueillant. Je vis au bout de la brume deux silouhettes frêles sur leur jambes qui s'approchaient d'un pas incertain, et bifurquais dans la petite ruelle qui se présentait providentiellement. Une fois suffisemment en retrait, j'attendais leur passage pour leur enfiler le pas à distance raisonnable. Elles m'avaient semblé vulnérables à souhait et par là même toutes désignées pour subir mon méfait.

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Publié dans Nouvelles et textes

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Lumitra 15/12/2004 13:11

je clique direct sur la suite !

My 04/12/2004 17:51

En quoi une barrique ne peut -elle constituer une victime parfaite ? n'est-elle pas par essence, vulnérable ?
Une musique de circonstance serait appropriée, non ?
enfin... nous attendons la suite, bien sûr !

PhotoFarfouille 29/11/2004 21:12

J'attends la suite,Vu comme c'est parti, je soupçonne une fin innatendue ;-)

lumitra 29/11/2004 08:55

Chouette, un p'tit coucou de Lumitra !